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Touche pas à ma transcendance !
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Lorsque le spirituel est immédiatement repris par l’économique,
ce qui est le cas en ce moment, le risque est alors de saturer notre
besoin de sens et de transcendance. Ce qui pourrait nous rendre dangereusement
violents car nous aurions épuisé tout ce qui humainement
peut faire sens, la pensée, la politique, la religion, la spiritualité
et les idéaux.
Il ne restera plus que des biens de consommation. Nous pouvons alors imaginer une épidémie de suicides ou toute forme de destruction de la personne ou du collectif. L’autre alternative étant l’avènement de civilisations plus radicales, apportant des repères simples et radicaux redonnant une dimension à la métaphysique. |
C’est pourquoi il faut absolument préserver
le transcendantal et l’exempter de tout consumérisme ou
récupération politique sans quoi notre âme humaine
va s’asphyxier. Nourrie par de simples objets voués à
l’obsolescence, ils nous renvoient, avec la cruauté froide
des objets, l’inanité de notre présence sur terre.
Notre condition mortelle se dote alors de sa dimension d’inutilité
et là nous courrons au plus grand désespoir !
Lorsque le sacré devient tendance son seul avenir c’est de devenir démodé ! |
Je crois qu’il nous faudrait
alors pendre le temps de revoir ce que nous allons souhaitons voire advenir
comme société. Et probablement la placer hors du champ du
consumérisme, ou plutôt que la consommation ne soit bien
qu’un moyen et non plus une finalité comme c’est trop
le cas aujourd’hui. Et pour ce faire, il est essentiel que chaque
pouvoir retrouve son autonomie, que ce soit le politique, le religieux,
etc. chacun à sa place. Et bien entendu, une réflexion de fond sur ce que nous voulons être et devenir. |
Quelles valeurs voulons-nous respecter
? A quoi tenons-nous ? Qu’est-ce qui décrit profondément notre humanité ? Quels sont les leviers sur lesquels nous allons pouvoir agir pour survivre à nos pratiques consumatoires ? |
Et il ne s’agit pas de faire
encore la guerre à l’économique ou à la politique
ou au spirituel, mais bien plutôt de penser en conscience ce dont
nous avons besoin pour nous tenir debout et fiers d’être humains.
Quelle est donc notre particularité culturelle ? Qu’est-ce
qui nous distingue de notre animalité ? Qu’est-ce qui fait
que nous avons encore un projet d’humanité ? sur quelles
bases ? sans ces réflexions préalable, le risque c’est
que tout passe dans la moulinette consommatoire et qu’une fois que
tout aura été consommé et brûlé, que
restera-t-il à par nos cendres ? |
| En tant qu’être humain, nous avons besoin
de rêver, d’imaginer, de dépasser notre condition
humaine et supposer qu’il y a ailleurs ou autrement, quelque chose
ou quelqu’un, qui peut justifier la raison pour laquelle nous
avons une vie si quelconque, ou tout simplement mortelle.
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| Nous ne pouvons pas brader ce
qui nous fait rêver et ce qui nous permet d’assumer notre
quotidien sans sombrer dans le désespoir. Nous avons besoin de
croire dans un au-delà de notre finitude, quelle que soit la forme
de la transcendance. C’est pourquoi nous ne pouvons pas tout sacrifier
sur l’autel de la consommation ! |