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Le référendum sur la constitution européenne
:
Le formidable élan démocratique |
Après des années de désaffection
du champ politique les citoyens français se sentent à
nouveau concernés par ce référendum.
Est-ce un trait de génie de nos gouvernants ou un résultat inattendu ? |
Ce que l'on peut observer c’est que chronologiquement la gauche
s’était investie du NON pour s’opposer idéologiquement
au libéralisme qu’ils identifient dans le OUI et aussi
pour reprendre notre bonne vieille tradition de rébellion nationale.
Notre plaisir de d’abord de dire non à tout ce qui nous
est proposé. Il est le résultat atrophié de nos
heures de gloire de résistants. Pourtant les réels résistants
étaient une poignée.
Nous avons fondé notre identité nationale sur cette dynamique de rébellion et d’opposition systématique et nous sommes fiers de notre spécificité culturelle qui nous distingue de par le monde. C’est ainsi que nous sommes coutumiers du conflit social hypocritement nommé dialogue social. Notre première réaction épidermique est de réfuter tout ce qui nous est proposé. Nous avons ainsi mélangé les deux acceptions du terme résistant ! Nous sommes passés des résistants à l’oppresseur nazi à ceux qui résistent systématiquement au changement ! |
Et puis dire NON à la constitution
est apparu comme une question dépassant largement les clivages. Des hommes politiques de droite se sont mis à dire NON et certains de gauche à dire OUI. Ce qui s’est traduit par une grande cacophonie. Le résultat est que chacun d’entre nous pourrait être conduit à voter encore plus affectivement que ce que nous faisons jusqu’ici (C.f. avril 2002). Cela ne va plus être l’éternelle bataille – stérile et anachronique – gauche / droite qui a fait fuir bon nombre d’électeurs en quête de sens et de projets. Nous allons, à présent, voter à la tête du client. C’est ainsi que des personnes retirées de la vie politique tel Lionel Jospin reviennent à la charge pour défendre le parti socialiste, au grand déplaisir de François Hollande, mais surtout pour renouer affectivement avec leur électorat qui les suivra où qu’ils aillent. Nous allons alors voter en fonction de ceux que l’on aime ou que l’on a aimé. |
Ainsi ce référendum
apporte, sociologiquement, plusieurs informations. La plus importante est la grande tendance de fond qui semble émerger. Une partie de la France se réveille et redevient curieuse du politique. Nous prenons pour preuve l’énorme offre de livres pour nous expliquer comment voter et en réponse la demande goulue de comprendre les termes du débat afin de voter au plus juste de nos intérêts. |
Ce référendum est
ainsi la première marque évidente d’un renouveau de
notre société. C’est la première fois que nous
parvenons à transcender les clivages ! Le fait que des Oui et des
NON jaillissent de toutes parts conduit les politiques à débattre
de manière inhabituelle, au-delà de leurs oppositions traditionnelles,
abordant alors la question purement européenne. Et de ce fait,
cela nous force à voir au-delà de notre nombril de français,
à reprendre de la hauteur, à repenser enfin le futur, à
nous reposer des questions essentielles, à vouloir enfin débattre
à nouveau sur l’Agora et à vouloir construire ensemble
une nouvelle Cité ! |
| Ce référendum est véritablement
un signe l’évolution sociologique de notre société
française qu’il faudrait absolument prendre en considération.
Nous en avons assez du vide, des constats alarmistes, des propositions
pauvres de sens et de fond. Les français veulent se remonter
les manches et participer à nouveau à la vie politique,
il semble que ce soit une fantastique opportunité sociale de
renaissance d’une vitalité sociale et citoyenne.
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| CM. 25/05/2005 |