NON au vote du 29 mai 2005, NON à Paris 2012 :

un message d’humilité ?

Par deux fois, nous essuyons un non qui a des répercussions internationales et nationales… négatives ? Nous sommes qualifiés dans le monde entier comme arrogants, certes nous ne sommes pas les seuls, mais nous détenons la première place sur le podium, dixit les pays qui nous accueillent. Pourrait-on voir alors dans ces refus qui ont pour conséquence une certaine mise à l’index, une remise en cause de notre orgueil national ?
Nombreux sont ceux qui qualifient notre attitude de passéiste, de frileuse, de peur de s’engager dans les turbulences mondiales. A juste titre ou non, nous avons de plus en plus une image de « résistant » au changement qui nous colle à la peau. Et il semble que tout récemment avec la réponse pour le choix des JO à Londres, ce soit encore revenu.
Certains commentaires du Comité de sélection des JO l’ont ainsi formulé, les images de deux villes Paris et Londres étaient radicalement différentes. La communication de la ville de Londres a été perçue comme tournée vers le futur et celle de Paris vers le passé. Voilà un autre signe fort.
Bien entendu, ce n’est sans doute pas l’unique raison du choix et l’on pourrait trouver de nombreuses autres causes, géopolitiques notamment, mais mon choix dans cet article est de ne prendre en considération que cet aspect d’arrogance qui nous conduit au passéisme.
S’il y avait du vrai dans cette remarque alors peut-être faudrait-il y trouver du sens et comprendre comment, en écho, nous constatons dans la société civile un cruel déficit de pensée pour concevoir le futur et de la même manière, dans le monde des entreprises, nombre de dirigeants ont des difficultés de prospective, etc, etc. Et ne parlons pas du fait relaté par les journaux et magazines économiques mentionnant que la majorité des salariés français est morose. Les français se sentent peu confiants dans leur futur et sont inquiets (Liaisons Sociales, Enjeux les Echos, mai et juin 2005) tandis que nous avons le système social qui protège le plus les salariés.
Autant de facteurs épars dans la société qui visent à rendre compte de quelque chose de notre société française.
Peut-être que nous pâtissons de notre arrogance, bâtie sur une fierté passée. Nous communiquons sur ce que nous ne sommes plus.
La regretter ne suffira pas à nous positionner économiquement, politiquement ou socialement. En revanche retrouver les moteurs d’une nouvelle vitalité, voilà qui serait probablement plus utile. Ces deux Non sont probablement des signes explicites de l’état de notre société. Les comprendre facilitera le choix des actions à apporter par la suite. Car il n’est pas question de « réagir » dans la précipitation ou dans la méconnaissance de la nature profonde du problème, ce qui n’aurait aucun effet à moyen terme et long terme et prouverait à nouveau notre incapacité prospective. Nous recueillions avec le 29 mai une photographie de la France vu par l’intérieur, et avec le résultat du vote pour les JO une perception de l’extérieur. Cela devrait nous renseigner alors sur notre état de santé national et nous permettre de choisir comment capitaliser sur notre passé sans nous y réfugier, considérer à nouveau notre arrogance construite sur des splendeurs passées qui n’existent plus, sauf dans les pierres de nos monuments et sur notre capacité d’anticipation.
Il semble que nous soyons en panne de futur.

Pour autant nous en avons la capacité et la vitalité (c.f. article sur la rébellion), peut-être faudrait-il juste voir où se situent les manifestations de cette vitalité et alors les « exploiter » dans le sens d’une nouvelle renaissance de notre société française.

En conclusion, ces récents évènements nous conduiraient-ils vers un programme d’humilité estivale ?

CM.

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