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Etre rebelle : une revendication identitaire bien française. |
La Révolution française a marqué un tournant dans notre constitution
identitaire. Depuis révolution et rébellion sont nos modes d´expression
favoris. Nous nous sommes forgés une magnifique image de nous depuis la Deuxième
Guerre Mondiale, ne nous souvenant que de la partie glorieuse que fut la résistance.
Nous avons renié Pétain et acclamé De Gaulle ! Soit.
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Cependant combien d´entre nous ont réellement résisté
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| Et combien n´ont rien fait ? |
Et nous souvenons-nous avec autant d´ardeur de notre côté « collabo » ? Nous sommes toujours prêts à rappeler aux allemands leurs actes nazis et bien entendu cet effort de mémoire est essentiel afin d´éviter de revivre une semblable horreur. Toutefois, ils n´oublient pas de leur côté de nous questionner sur notre aspect « collaborateurs » qui est une autre facette de la France. Nous avons tellement occulté cet aspect de notre identité nationale que nous employons sans aucun problème dans le champ organisationnel le terme de collaborateurs pour désigner les personnes qui travaillent pour des managers, sans que cela n´évoque jamais le moindre problème. Notre mémoire est alors bien sélective ! |
Ainsi, demi-amnésiques, nous nous forgeons une identité de rebelle chronique.
Car nous sommes fiers de mai 68, marquant un pied de nez à de Gaulle, le résistant,
justement, et depuis nous nous sommes installés dans cette glorieuse image de
résistants et de rebelles. Toutefois, dans les faits cela se traduit le plus souvent par une attitude relationnelle rebelle systématique débouchant pour nos syndicats sur la manie du conflit social, tout en prônant le « dialogue social ». Il faut être « contre », il faut « tuer » les patrons, etc, etc. Pourtant, tout le monde sait qu´être en opposition sur tout relève plus d´une attitude puérile, propres aux enfants qui se développent et cherchent à s´affirmer en s´opposant à leurs parents. Et cela n´est pas encore l´exercice plein et entier du libre-arbitre. Parfois, l´autonomie passe par l´adaptation à l´autorité comme étant le meilleur moyen de contribuer au collectif. |
Personnellement je verrai davantage dans cette particularité rebelle un syndrome
typiquement français qui pourrait plus nous desservir que nous apporter l´exception
culturelle que nous cherchons avec tant d´arrogance à revendiquer. Car, en fait,
nous sommes un des pays déEurope les plus frileux en matière de prise de
risques quel quéen soit le domaine. Et nous sommes plus résistants au changement
que la majorité de nos voisins. A force de nous dire glorieusement résistants,
nous le sommes devenus dans tous les sens du terme ! Il faut faire attention aux différentes
acceptions des mots qui constituent notre identité, selon la représentation que nous
nous faisons, ils agissent indiscutablement dans notre imaginaire et aboutissent à des
attitudes parfois opposées au sens initial que nous revendiquons.
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Résultat, pour d´autres pays européens nous sommes peu crédibles
avec notre syndrome rebelle. Nous sommes davantage connus pour nos grèves à
répétition que pour nos innovations.
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Pourtant, en jouant à présent l´avocat du diable, la rébellion est
une très belle force, illustrant la vitalité d’un individu comme d´un
peuple et peut conduire à la créativité, dês lors que l´on
utilise cette énergie vers un but constructif. Nous pourrions ainsi évoluer
de résistants au changement vers innovateurs sociaux, par exemple ! CM. 15 avril 2005 |